Petit lexique du conte
LITTERATURE : ensemble des œuvres écrites ou orales auxquelles on reconnaît une finalité
esthétique
HISTOIRE, RECIT : relation écrite ou orale de faits réels ou imaginaires. « L’histoire » désigne
aussi la relation des faits, des évènements passés concernant la vie de
l’humanité, d’un groupe humain, d’une personne
NARRATION : récit, exposé détaillé d’une suite de faits
ROMAN : récit écrit en prose, en général assez long, racontant une histoire
Nota : dans le roman ou la nouvelle*, lieux, personnages et évènements sont individualisés,
uniques. Ils peuvent être décrits longuement, non pour faire avancer l’action mais
pour mieux rendre l’atmosphère dans laquelle se déroule l’action (voir : conte)
NOUVELLE : court récit écrit en prose et qui présente une intrigue simple et où n’interviennent que
peu de personnages. Depuis le 19° siècle, on lui donne souvent le nom de « conte » . Il
s’agit alors de ce que l’on appelle : « conte littéraire » (Ex. : contes de Maupassant)
CONTE : récit, souvent assez court, de faits, d’aventures imaginaires
Nota : dans le conte, lieux, personnages et évènements sont des archétypes. Seuls sont
donnés les faits susceptibles de faire avancer ou comprendre l’action (voir : roman)
CONTE D’AUTEUR : conte écrit et publié par un auteur nommément reconnu
CONTE TRADITIONNEL : conte transmis oralement depuis plusieurs générations, voire plusieurs
siècles. On n’en connaît généralement pas le(s) auteur(s), ni depuis
combien de temps il se raconte
CONTE POPULAIRE : conte raconté essentiellement dans les campagnes. Le conte populaire est
généralement un conte traditionnel. Mais il peut aussi avoir pour origine un
conte écrit, conte d’auteur ou conte traditionnel recueilli* et écrit
CONTE ORAL RACONTE PAR UN AUTEUR : conte traditionnel mis en écrit par un écrivain avec
plus ou moins de fidélité au récit de référence
CONTE ORAL REECRIT = TEXTE ADAPTE = CONTE D’APRES … : conte dont il existe déjà
une version écrite connue
mais dont le langage et
parfois l’histoire, sont
arrangés et/ou modifiés
TEXTE ORIGINAL : texte écrit fidèle au texte de référence, mais qui peut être incomplet
TEXTE INTEGRAL : texte écrit fidèle au texte de référence et complet
LES VERSIONS D’UN CONTE : les différentes manières de raconter une même histoire. Les
dissemblances sont généralement importantes (Ex. : Le petit
Chaperon Rouge finit mal dans la version de C. Perrault, bien
dans celle de J. & W. Grimm)
LES VARIANTES D’UN CONTE : de petites différences dans plusieurs versions d’un même conte.
Ni le sens du conte, ni sa trame n’en sont changés (Ex. : quand le
Petit Chaperon Rouge arrive chez sa grand-mère, la porte est
fermée dans la version de C. Perrault ; elle est restée ouverte dans
celle de J. & W. Grimm)
CONTE MERVEILLEUX : nom savant du conte de fées. Ce conte comporte l’intervention de
moyens magiques et/ou d’êtres surnaturels. Le conte merveilleux finit
toujours bien. Il se déroule dans le monde de « féerie », le monde
fantastique des fées et autres êtres surnaturels
CONTE FACETIEUX : conte comique
CONTE D’ANIMAUX : conte dont les héros (= personnages principaux) sont des animaux
RANDONNEE = CONTE DE RANDONNEES : conte à accumulation et à répétition (Ex. : Dans la
ville de Paris il y a … - Alouette [chanson]). C’est
un conte pour jouer à plusieurs
CONTE DE MENSONGES : récit comique où le conteur affirme des invraisemblances évidentes
(Ex. : le manchot tire avec son fusil, le coq pond un œuf carré). C’est un
conte pour jouer à plusieurs
CONTE MIMOLOGIQUE : conte dont les cris des animaux sont confondus avec des paroles
phonétiquement ressemblantes par un personnage (Ex. : « coucou,
coucou » pris pour : « tords-lui le cou » par un peureux)
CONTE ENIGME = CONTE DEVINETTE : petite histoire finissant par une énigme* ou une
devinette* à laquelle l’auditoire doit répondre
CONTE ETIOLOGIQUE = CONTE D’ORIGINE : récit qui vise à expliquer par certains faits réels,
imaginaires ou mythiques* l’origine d’un
phénomène naturel (Ex. : les changements d’aspect
de la lune)
CONTE REALISTE : récit qui prétend raconter un fait réel (Ex. : pour se débarrasser de ses puces, le
renard saisirait de la mousse du bout de ses dents et se plongerait entièrement
dans l’eau où il abandonne la mousse dans laquelle les puces se sont réfugiées)
RECIT DE VIE : récit biographique dont la forme a été mise au point
CONTE D’ENSEIGNEMENT : récit qui vise à enseigner le ou les auditeur(s). Exemples :
Le CONTE DE METIER : enseigne un tour de métier, un savoir-faire particulier et souvent secret
Le CONTE D’AVERTISSEMENT : enseigne le risque lié à un comportement (Ex. : Le petit
garçon qui criait : Au loup !)
L’EXEMPLUM : petite histoire utilisée comme enseignement par les prêtres à l’église (pluriel de
un exemplum : des exempla)
La PARABOLE : court récit allégorique (= métaphorique [Ex. : « La fleur de l’âge » pour : la
jeunesse]) chargé d’un enseignement moral ou religieux qui reste implicite (= non
exprimé et non expliqué)
La FABLE : court récit allégorique en vers ou en prose qui contient une moralité généralement
terre à terre
Le CONTE DE SAGESSE : petit récit qui vise à enseigner la sagesse (= idéal supérieur de vie
proposé par une doctrine morale ou philosophique)
Le CONTE INITIATIQUE : récit qui vise à initier à un culte secret ou à une société secrète
CONTE MUSICAL (Ex. : Pierre et le loup)
CONTE A DOIGTS OU A GESTES : court récit, généralement pour petits, comportant des gestes de
doigts, mains ou toutes autres parties du corps
CONTE A OBJETS : récit comportant la manipulation d’un ou plusieurs objets (ficelle, papier plié,
pantin, dessin, etc.)
LEGENDE : récit à caractère merveilleux où les faits historiques sont transformés par l’imagination
populaire ou par l’invention poétique. Quand faits et personnages sont liés à l’histoire
religieuse, on parle de : « légende dorée »
CONTE FANTASTIQUE : conte, le plus souvent d’auteur, décrivant l’irruption du surnaturel et de
l’irrationnel dans la réalité quotidienne
EPOPEE : récit poétique en vers ou en prose qui narre une suite d’actions légendaires,
extraordinaires et/ou héroïques. Souvent ce récit raconte soit une genèse mythique du
monde, soit les évènements légendaires qui ont conduits à la fondation d’un nouvel ordre
politique (Ex. : installation d’un nouveau peuple se reconnaissant comme tel) ou religieux.
Dans ces cas-là, on parle de « récit fondateur »
MYTHE : récit populaire ou littéraire mettant en scène des êtres surhumains et des actions
remarquables. S’y expriment souvent, sous le couvert de la légende*, les principes et les
valeurs d’une société, et, plus généralement, y transparaît la structure de l’esprit humain
MYTHOLOGIE : ensemble des mythes* et des légendes* propres à un peuple, à une civilisation, à
une région. Ce terme est le plus souvent utilisé à propos d’une civilisation et d’une
religion disparues.
RECIT RELIGIEUX : relation écrite ou orale de faits ayant traits à l’histoire d’une religion. On dit
aussi : « histoire sainte », « histoire sacrée »
GRAND RECIT : long récit en vers ou en prose, écrit ou oral, dont l’audition ou la lecture prend
plusieurs heures (Ex. : L’Odyssée)
CYCLE : ensemble d’œuvres (romans, poèmes, etc.) groupées autour d’un seul fait, d’un héros unique
(Ex. : Le cycle du roi Arthur [et de l’enchanteur Merlin])
COMPTINE : chanson que chantent les enfants pour désigner, en comptant les syllabes, celui qui
devra sortir du jeu, courir après les autres, etc. Par extension, désigne aussi,
improprement, toutes les chansons-jeux avec gestes sur le visage, les doigts ou le corps
d’un bébé par un adulte. Pour ces chansons-jeux, M.C. Bruley a inventé le mot :
« enfantines ».
Certaines comptines et « enfantines » racontent une petite histoire, d’autres non
FOLKLORE ORAL : littérature orale des sociétés sans écriture ou paysanne. Le folklore oral ne
comporte pas que des « récits » et des « comptines ». En font aussi partie :
Les CHANSONS
Les POESIES POPULAIRES
Les JEUX PARLES ou CHANTES (rondes, jeux de balle, corde, etc.)
Les VIRELANGUES : phrases difficiles à prononcer (Ex. : les chaussettes de l’archiduchesse)
Les VIREOREILLES : phrases difficiles à comprendre (Ex. : Pie a nid haut, caille a nid bas). Ce
mot est de création récente et ne figure pas au dictionnaire
les FORMULES et FORMULETTES (Ex. : Qui va à la chasse perd sa place – formules de début
et de fin de conte ou de séance de conte)
les PROVERBES et DICTONS (= sentence populaire qui est passée en proverbe)
les MAXIMES et SENTENCES : courtes formules énonçant une règle de morale ou de conduite,
ou une réflexion d’ordre général
Les DEVINETTES, ENIGMES (devinettes plus élaborées) et PROBLEMES (devinettes qui
font appel à un raisonnement mathématique)
CONTERIE : mot inventé par quelques conteurs modernes pour désigner une séance de contes
TISSAGE DE CONTES : manière de relier les contes entre eux lors d’une séance de contes de
manière donner l’impression d’une même et longue histoire à
rebondissements ou/et à épisodes. Le tissage de contes le plus simple
consiste à les enchaîner. On peut aussi emboîter un 2°conte dans un 1°.
Quand le 2° est fini, on reprend le 1° là où on l’a arrêté. C’est la technique
des « contes à tiroirs ». Le 1° conte est dit : « conte-boîte ».
Mais on peut aussi faire se succéder les contes sans les relier entre eux
COLLECTAGE DE CONTES : recueil de contes populaires* soit en les écoutant et en les
retranscrivant ensuite (manière ancienne), soit en les enregistrant et, en
général, en les transcrivant par écrit. On parle alors de : « conte
collecté » ou de « conte recueilli »
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QUELQUES FORMULES DE DEBUT ET DE FIN DE CONTE OU « CONTERIE »
DEBUT : Il y a longtemps, très longtemps, si longtemps que j’ai oublié quand
Au temps où le temps était dans le temps
Au temps où les poules avaient des dents et où les chiens n’en avaient pas
Au temps où les bêtes parlaient et où moi je ne savais pas
L’autre jour j’ai trouvé une noix. Je l’ai secoué. Elle murmurait. Je l’ai ouverte. Il en est
sorti une histoire. Et comme je suis bonne fille, je vais vous la raconter
Quand la bouche est ouverte, les oreilles sont fermées. Quand les oreilles sont ouvertes, la
bouche est fermée. Et la mienne peut s’ouvrir pour conter
(conteur)Et cric! (auditoire)Et crac! [ter] La clé des contes est ouverte
‘’ ‘’ ‘’ ‘’ Le conte sort du sac
Que mon conte soit beau et se déroule comme un fil
FIN : Et cric! Et crac ! Mon conte est terminé
Et cric ! Et crac ! Le conte est dans le sac
Et cric ! Et crac ! La clé des contes est refermée
F,I, fi, N,I, ni ! Mon petit conte est fini!
Mon conte a coulé comme un ruisseau. Je l’ai conté à des seigneurs
Mon conte a traversé le pont, il est passé par un pré, il a couru dans la forêt,
mais si vous cherchez bien, vous le retrouverez … peut-être !