LES JUMEAUX, OU LES DEUX CHEMINS

   

Le pays était en proie à la guerre civile. Un homme de la religion et de la couleur de l’ethnie minoritaire et persécutée voit accourir son voisin, de la religion et de la couleur de l’ethnie majoritaire et persécutrice mais néanmoins ami, qui lui dit :

- On vient te chercher pour te massacrer. Prends ce chemin et fuis.

- Mais ce chemin mène au désert et à la mort, répond l’homme.

- Oui et non. A un certain endroit, le chemin se sépare en deux pistes. L’une mène en effet au désert profond et à la mort. L’autre conduit à l’oasis. J’ignore laquelle va où. Mais je sais qu’à la croisée des chemins, il y a deux jumeaux qui le savent. Attention. L’un des jumeaux est menteur, l’autre véridique (il dit toujours la vérité). Et on ne peut poser qu’une question et une seule.

 

Mais l’ami n’a pas eu le temps de dire quelle question devait être posée. Les assassins arrivaient. L’homme a fui vers le désert tandis que l’ami fidèle lançait les meurtriers dans une autre direction.

 

Quant au fuyard, il a réfléchi tout le long du chemin. Lorsque il s’est retrouvé devant les deux jumeaux, il savait quelle question poser et quoi faire ensuite. Il est parvenu à l’oasis.

 

 

Question : Quelle question l’homme a-t-il posée, à qui et qu’a-t-il fait ?

 

  

Réponse  : L’homme a dit à un jumeau, n’importe lequel des deux,

« Quel piste ton frère m’indiquerait-il pour aller vers l’oasis ? »,

puis il a pris l’autre piste.

 

 Petite explication :

En effet :

- le menteur dit forcément le contraire de ce que son frère, le véridique, dirait. Il indique donc la mauvaise piste, la piste du désert.

- Le véridique dit évidemment ce que son frère menteur dirait, or le frère menteur indiquerait la mauvaise piste.

Donc :

dans l’un et l’autre cas, le fuyard obtient le mensonge : on lui indique la mauvaise piste.

Il lui suffit donc de prendre l’autre piste pour arriver à l’oasis et être sauvé.

C.Q.F.D.

 

 

Conteurs et matheux partagent le goût des « petits problèmes ».

 

Pour « le penseur » de Rodin, il semble avoir du mal à trouver la solution…

Peut-être n’avait-il pas l’esprit mathématique !

NOTE : Quand j'envoie, une fois par semaine, ce petit sourire à ma soeur et, quand il était encore en vie, à mon beau-frère, je rajoute une illustration amusante. Ici, c'était une photo du penseur de Rodin. Mais je ne parviens plus à insérer des illustrations, images ou photos, suite à des remises à jours catastrophiques de facebook avec qui j'avais voulu partager. 

NOTE 2 : J'ai rajouté les circonstaces au problème, l'entraide entre ces deux hommes amis et leur refus de rentrer dans les haines de l'autre.