L E      C O N T E

DEFINITION

  Le conte est un récit : il raconte une histoire.

  En général il est assez court pour être dit en une fois. Mais ce n’est pas le cas de tous les contes. Certains durent plusieurs heures, d’autres à peine une minute.

  Les faits rapportés sont toujours imaginaires. En effet, même quand le conteur narre pour la dixième ou la centième fois un « récit de vie », c’est-à-dire une histoire qui lui est (ou qui lui serait) arrivée, il ne s’agit plus d’un simple témoignage comme lors des tous premiers récits. La narration a été mise au point : choix parmi les évènements rapportés et leur déroulement, les mots, les tournures de phrases.

  Il est conçu pour être « raconté oralement », c’est-à-dire directement du locuteur (celui qui parle) aux auditeurs (ceux qui écoutent).

  Mais comme toute histoire, l’histoire narrée par le conte peut :

  -  être écrite,

  -  être utilisée pour : créer un spectacle (théâtre, film, danse, mime, marionnettes, spectacle musical),

                                 concevoir une œuvre plastique (dessin, peinture, sculpture, architecture

Ex. : Disneyland ; le château du Neuschwanstein de Louis II de Bavière -),

                                 composer une œuvre musicale (opéra, opérette, pièce musicale, comédie musicale)

  -  servir de modèle (Ex . : La Belle et la Bête a été inspirée du récit gréco-latin Eros et Psyché),

  -  servir de contre-modèle (Ex. : Le Chaperon vert),

-  être considéré comme faisant partie du fond culturel commun auquel on fait référence :

                                   dans le langage quotidien (Ex. : « un pied de Cendrillon »),

                                   ou dans la publicité (Ex. : La Belle au Bois dormant),

                                     ou dans les albums (Ex. : Le loup est revenu),

                                     ou dans des romans, des essais ou des ouvrages documentaires (Ex. : le loup).

C’est une oeuvre d’art à part entière, la première littérature.

HISTORIQUE  DU  CONTE  EN  FRANCE

Avant l’ère chrétienne

  Les contes sont très anciens dans l’histoire de l’humanité. Ils existaient déjà bien avant l’écriture née entre 10 000 ans (prémices) et 4 000 ans avant J.C. Environ 40 000 ans avant notre ère [= avant Jésus-Christ = av. J.C.], on trouve des traces d’organisation sociale qui témoignent de l’existence d’un langage articulé, ainsi que de rites funéraires. On se racontait donc quelque chose à propos de la mort et de l’au-delà.

  Nous ignorons si les histoires distractives sont apparues en même temps, avant ou après. Nous savons seulement qu’elles sont, elles aussi, très anciennes et que conter semble inhérent à la nature humaine.

  Seuls nous sont parvenus les récits écrits. La plupart reprenaient des histoires qui circulaient déjà depuis plusieurs siècles (Ex. : L’Iliade et L’Odyssée, qui furent rédigées par le poète grec Homère au IX°[9°] - VIII°[8°] siècle av. J.C., relatent des épisodes du siège et de la prise de Troie –l’actuelle Hisarlik, près des Dardanelles en Turquie- par les grecs qui eurent lieu vers les XIII°[13°] - XII°[12°] siècle av. J.C.).

  Mais le travail d’écriture se faisait à la main. C’était très long. Et le matériel était cher. On réserva donc l’écriture d’abord à la comptabilité. Puis aux récits jugés très importants :

  -  religieux (on parle de « religion » pour une religion encore pratiquée, de « mythologie » pour une religion aujourd’hui disparue)

  -  fondateurs d’un peuple ou d’une dynastie (donc à prétention historique, mais en fait valorisant le peuple concerné et ses héros)

-  ou de grandes « épopées » (longs récits de combats de super-héros)

Exemples :  Premiers écrits égyptiens : 3 000 av. J.C. (nombreuses références à la mythologie

                     - Ex. : Isis et Osiris -)

                  Gilgamesh écrit en 2 600 av. J.C. en Mésopotamie (à peu près l’Irak actuel)

                  Le Mahabharata, vers 1 800 av. J.C. en Inde

                  Mythologie grecque : poèmes d’Homère entre 900 à 800 ans av. J.C.

                     Ex. : L’Iliade et L’Odyssée.

                  Mythologie romaine (ou latine) : L’Enéide du poète Virgile entre 29 et 19 ans av. J.C.

    Ces récits n’étaient généralement pas destinés aux seuls enfants, mais ceux-ci étaient là et écoutaient. Certaines histoires s’adressaient plus particulièrement à eux, comme quelques-uns de ces récits en font foi. Certaines étaient réservées aux adultes (ex.: contes initiatiques à un savoir dispensé seulement à une élite ; contes érotiques, les tabous à propos de l’érotisme variant selon les cultures)

L’occupation romaineDu I°[1°] siècle av. J.C. au V°[5°] siècle ap. J.C.

  Dès les II°[2°]- I°[1°] av. J.C., les romains (ou latins) colonisaient tout le tour de la Méditerranée qu’ils appelaient d’ailleurs : « mare nostrum » [=notre mer]. Cette domination devait durer jusqu’à la fin du V°[5°] siècle ap.[=après] J.C. [=5° siècle de notre ère] pour la partie occidentale[=ouest] de l’empire dont la Gaule (la future France) faisait partie ; et jusqu’au milieu du XV°[15°] siècle pour la partie orientale [=est] dont Constantinople (l’actuelle Istanbul en Turquie) était devenue la capitale.

  En même temps, une nouvelle religion venue de Palestine s’installe dans presque tout l’empire et va contribuer à le déstabiliser : le christianisme.

  Une occupation aussi longue laisse des traces durables comme la langue et la culture (mythologie, contes et légendes, récits d’écrivains divers, monuments, infra-structure des routes, etc.) à l’intérieur même du chaos politique, économique et social laissé par l’écroulement de cette civilisation très hiérarchisée. En ce qui concerne l’empire d’Occident dont la Gaule (la future France) faisait partie, il faudra presque mille ans pour que cette région du monde retrouve un début d’organisation cohérente.