Le blog d'Hélène Loup

11 août 2016

EPOPEES MODERNES : DES HEROS-HEROÏNES DU QUOTIDIEN

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Le jeu du Pokémon-go dans les geoles et salles de torture au Cambodge !... Au nom de sa sainteté le Saint-Fric, on se permet tout, absolument tout !

On n'hésite même pas à massacrer des générations d'enfants et leurs familles, sans haine, sans viser où ça tombe, comme le prouvent les scandales sanitaires successifs qui éclatent en France depuis quelques années. Il y a eu le Médiator. Cela n'a pas servi de leçon. Il y a maintenant la Dépakine ordonnée aux femmes enceintes sans les prévenir du grand risque de malformations physiques et mentales pour leur enfant en formation. Le scandale est énorme. Mais servira-t-il de leçon ? Combien faudra-t-il encore de morts, d'handicapés, de vies gâchées et, pour la Sécurité Sociale, de dépenses énormes qui auraient pu être évitées ? 

Et combien faudra-t-il encore de "lanceurs et lanceuses d'alerte" qui acceptent de sacrifier leur carrière et parfois plus ?

Pour nous, les conteurs, il y a là un récit de vie, des récits de vie d'aujourd'hui remarquables ! Qui relève ce défi ? 

Faisant partie de l'APESAC, l'association qui se bat pour faire reconnaître l'origine du handicap de nos enfants et, pour moi, de nos petits-enfants, il m'est difficile de le faire en ce moment sans risquer de contrecarrer l'action de l'association. En outre, j'ai une soeur qui a pris du Médiator et a eu des soucis cardiaques graves, une nièce touchée par le Dystilbène, une fille par l'Ocytocine injectée systématiquement aux parturientes, mais très rarement de "preuves" au sens juridique, ces preuves étant étonnamment difficiles à obtenir ! Pour se protéger, on a peine, quand on n'y a pas été confronté, à imaginer de quoi d'honrables soignants, sociaux, administratifs, forts de leur savoir et de leur pouvoir, sont capables ! L'affaire Outreau n'est qu'une toute petite pointe de l'iceberg ! Pas tous, évidemment !Ce serait trop simple ! Mais que l'on se rappelle, la fille et nièce de résistants que je suis ne peut l'oublier, qu'il n'y a eu qu'une infime partie de la population qui a résisté à l'époque, qu'il n'y a jamais qu'une infime partie de la population qui résiste, moins de 10%, aujourd'hui comme hier, dans les communes dominées par des maires devenus tout-puissants ou presque, comme dans tout.

Alors je suis très heureuse d'avoir côtoyé Irène Frachon, de connaître Marine Martin, d'avoir adhéré à l'APESAC quand l'association ne comportait encore que 25 familles ! Quand on leur parle de courage, l'une comme l'autre répondent, en substance, que ce n'est pas par "courage" mais juste parce que "c'était insupportable" d'accepter qu'il y ait d'autres victimes. Pas supportable de se rendre complice de ces ... mais quel mot employer pour ne pas encourrir les foudres de la justice ? une justice que ces gens-là savent si bien instrumentaliser !

 

Ces héros et héroïnes ne se considèrent pas comme tels, juste comme des personnes qui ont fait ce qu'il fallait faire, pas pour acquérir la gloire, la considération, mais pour les autres, juste pour les autres. Mon père et mon oncle ont même refusé tout honneur car ils considéraient juste avoir fait ce qu'ils devaient faire !

En voilà de belles épopées à raconter ! Evidemment, cela ne peut plaire aux tenants de la force, de la violence, du pouvoir totalitaire, quel que soit ce totalitarisme, et il y en a partout, même en art ! Mais oui, ce sont de magnifiques épopées ! Des récits de vie face aux valeurs de mort ! 

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19 juin 2016

CONTERIE A L'HARMATTAN AVEC NASSEREH MOSSADEGH A L'OCCASION DE LA SORTIE DE SON DERNIER OUVRAGE

INVITATION
Dans le cadre d'une « soirée Contes »,
les éditions L’Harmattan et l’auteur, Nassereh Mossadegh,
ont le plaisir de vous inviter à la présentation de son recueil
L'oiseau doré de Khârkan
Contes persans
Le mardi 28 juin à 19h
En présence d'autres conteuses publiées à l'Harmattan
Espace L'Harmattan - 21 bis rue des Ecoles, 75005 Paris
Métro Maubert-Mutualité, ligne 10 - Bus 63, 86, 87

Nassereh contera, moi avec elle, et peut-être quelques autres conteurs.

Entrée libre

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14 juin 2016

JEANNETTE GUYOT, une héroïne oubliée de la dernière guerre, sauf ... par les Anglais

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DECES DE MADAME JEANNETTE GUYOT

 

  Dans les “merdias”, on parle tous les jours de Joey Starr ou d’Abdeslam.

Etrange silence pour ce héros tranquille : Jeannette Guyot.                                            

Les valeurs s’inversent : c’est à ce signe que l’on diagnostique à coup sûr la fin d’une civilisation.                  

C’est en lisant The Telegraph, qu'il était possible d'apprendre le décès, le 10 avril dernier, de Madame Jeannette Guyot. Médias français aux abonnés absents...

Madame Jeannette Guyot est partie à 97 ans, discrète, citoyenne tranquille parmi les autres. Et pourtant ….
> > > > Ses 20 ans, elle les passe dans les champs et les bois, à marcher la nuit en silence, ployant son dos, suivie d’enfants, hommes et femmes, qu’elle délivre de la Terreur.

La ligne de démarcation n’est pas loin. Officier de liaison du Colonel Remy, réseau Confrérie Notre Dame, elle se fait prendre. Elle est jeune, jolie. Les grands manteaux de cuir de la SS vont le lui faire payer. 3 mois après cet avertissement charnel, elle part à Lyon. Et remet le couvert. Dewavrin, le relais de De Gaulle en France, la recrute. L’aile noire de la Gestapo la frôle. Les anglais la récupèrent in extrémis, le 13 Mai 1943 ; la légère porte du Lysander de la RAF, s’ouvre, l’avion ne s’arrête même pas. Jeannette court, court, avec dans son dos le sifflement des balles allemandes.

A Londres, elle s’ennuie derrière un bureau. Ah oui ! une fille qui veut faire la guerre, et jolie en plus…OK, tu vas t’entraîner avec les Américains et les Britanniques, à la dure . On prépare le plan Sussex, en vue du débarquement. Elle est parachutée en bord de Loire, côté Vendée. Elle repère des zones de largage….elle part à Paris et monte un clandé d’opérateurs radios….. dans un tabac mitoyen d’un bureau de la Gestapo !! Bref, une cinglée, une divine cinglée, un de ces anges aux ailes immaculées qui ont sauvé notre pays de la barbarie.

Et rien, pas un mot à la radio, à la télé, dans la presse, sur les réseaux, toutes ces choses futiles et inutiles qui guident nos choix…… seuls les Britanniques se souviennent. Bizarre cette amnésie.

Chevalier de la Légion d’Honneur , comme Mireille Matthieu, mais Croix de Guerre avec Palmes, Cross of the American distinguished Service (DSC), s’il vous plaît, British George medal, et officier de l'ordre du British Empire (sous le nom de Gauthier).

Merci Madame…….Merci mille fois.                                                                                                                 

Le 8 mai à 23 heures ce post a été partagé plus de 11000 fois.

Merci à vous tous de partager sa mémoire, de lui rendre hommage, nous savons qu'elle le mérite tellement.

"These are deeds which should not pass away and names that must not wither".

Byron

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13 juin 2016

LE LOUP ET LE CHIEN - Fable de La Fontaine - Recueil I - Livre 1 - Fable 5

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LE LOUP ET LE CHIEN *

 

Un loup n'avait que les os et la peau ;

Tant les chiens faisaient bonne garde.

Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau, 

Gras, poli(1), qui s'était fourvoyé par mégarde.

L'attaquer, le mettre en quartiers,

Sire Loup l'eût fait volontiers.

Mais il fallait livrer bataille 

Et le Mâtin était de taille

A se défendre hardiment.

Le loup donc l'aborde humblement,

Entre en propos, et lui fait compliment

Sur son embonpoint, qu'il admire.

Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,

D'être aussi gras que moi, lui répartit le Chien.

Quittez les bois, vous ferez bien :

Vos pareils y sont misérables,

Cancres(2), haires(3), et pauvres diables,

Dont la condition est de mourir de faim.

Car quoi ? Rien d'assuré, point de franche lippée(4),

Tout à la pointe de l'épée.

Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.

Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?

Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens

Portants bâtons et mendiants(5) ;

Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;

Moyennant quoi votre salaire

Sera force refiefs(6) de toutes les façons :

Os de poulets, os de pigeons,

Sans parler de mainte caresse.

Le Loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :

Qu'est-ce là ? lui dit-il. Rien.

Quoi ? rien ? Peu de chose.

Mais encor ? Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

Attaché ? dit le Loup : vous ne courrez donc pas

Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu'importe ?

Il importe si bien, que de tous vos repas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.

Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

 

NOTES :

* sources de la fable : Phèdre (III,7), qui s'inspirait lui-même d'Esope

(1) : le poil luisant

(2) : se dit proverbialement d'un homme pauvre qui n'est capable de faire ni bien ni mal (dictionnaire de Furetière)

(3) : homme qui est sans bien ou sans crédit (dictionnaire de Furetière)

(4) : signifie au propre autant de viande qu'on en peut emporter avec la lippe, ou les lèvres (dictionnaire de Furetière)

(5) : portants et mendiants portent un "s", pourtant, ce sont des participes présents ; ce n'est qu'à partir de 1679 que l'Académie déclarera qu'ils doivent rester invariables.

(6) : restes

 Illustration : de J. J. Granville (1803-1847)

 

 Le N°6 Hors-série de la revue Mythologie est entièrement consacré aux fables de La Fontaine. Des chercheurs ont apporté leur riche contribution à la compréhension d'une vingtaine de ces fables avec beaucoup de finesse. Je vous conseille la lecture, entre autres, du remarquable article de Hélène Laurenceau à propos de la fable citée ci-dessus. En voici la conclusion :

Elle se pose cette question : " Que faisait le Chien dans cette promenade ? Justement, son collier n'était pas attaché et il avait pu se promener comme il le voulait. Comment se trouvait-il détaché ? En tout cas, il était tout prêt à reprendre le collier, il n'envisageait pas de perdre le confort. Voilà qui n'est pas naturel. Et c'est là que nous pourrions imaginer une autre interprétation : le Chien, lui aussi lassé du mépris dont ses maîtres l'entouraient, n'aurait-il pas voulu accomplir de son côté un exploit en ramenant à la maison un Loup docile qu'on pouvait ou tuer ou humilier en le réduisant à son tour à l'esclavage ? Peut-être, finalement, le Chien était-il plus habile qu'on ne croit. Il se contentait bien de sa place méprisée - plaire au maître, manger des déchets. Mais cela ne l'empêchait pas de souhaiter, au moins, qu'on lui reconnaisse une grandeur qui l'aurait fait admirer : pas seulement chasser les mendiants, mais les conduire eux aussi à accepter cette condition. Cela aurait justifié son choix, pas de sobriété, il n'en veut pas, mais de bonheur dans ce qui pourrait être tout de même l'estime de soi.

Il ne s'agit alors pas seulement de choix entre deux genres de vie, le confort et l'intérêt sans dignité, ou la difficulté de vivre mais la fierté de soi. Il s'agit aussi de l'opposition entre deux mondes. Ces deux mondes sur lesquels va régner le jeune dauphin. Et il sera bien nécessaire qu'il s'aperçoive que son rôle n'est pas seulement de choisir pour le royaume la solution facile d'un peuple soumis, mais que son royaume pour être grand a besoin aussi d'un peuple digne"

Voilà qui devrait être rappelé à nombre de décideurs, politiques et économiques, à une époque où l'autoritarisme est de plus en plus pratiqué au point d'être considéré comme naturel. Comme pour le Chien. Quel Loup n'a jamais été approché par ces Chiens qui s'efforcent de le subvertir ? Qui le haïssent d'être libre, simplement libre, quand eux sont esclaves ? Or les initiatives, les découvertes ne peuvent venir que de ceux qui sont libres, pas des soumis. Nos petits dictateurs et mégalomanes locaux devraient bien se le rappeler avant que leur main mise ne finisse par détruire et pourrir le trône sur lequel ils se sont installés.

 

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02 juin 2016

STAGE de CONTES samedi 25 et dimanche 26 juin à Champigny-sur-Marne

CONTES BELLEVILLOISE

L'ART EN LIBERTE propose un

STAGE DE CONTE

avec Hélène Loup

.

"CONTER"

Quoi ? Comment ? A qui ? Pourquoi ?

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Samedi 25 et dimanche 26 juin 2016 - De 9h30 à 17h

avec une scène ouverte le dimanche 26/06 en clôture

.

Pour conteurs en chemin

.

Salle municipale - 55 rue Pierre-Marie Derrien - 94500 Champigny-sur-Marne

.

Plus d'informations : www.artenlibertélapassionduconte.fr

contact : 01 42 83 85 09 6 Art en Liberté - 12 rue Maurice Denis - 94500 Champigny-sur-Marne

 

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28 mai 2016

"Contes effrontés" à la Bellevilloise, dimanche 29 mai à 20h30, pour le Féministival

Je raconte ces "contes effrontés", en duo avec la lectrice Fatima Ezzahra Benomar. 
L'entrée est libre. 
Adresse : 19/21 rue Boyer à Paris 20ème - M° Gambetta 
Cette conterie clôturera le Féministival qui commence ce matin, dès 11h. Il comporte toutes sortes d'animations.

Pour plus d'informations : www.feministival.com

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15 mars 2016

OBJET : "BRUITS DE CHIOTTES"

Une lettre qui circule sur la toile. Pour avoir travaillé comme enseignante puis comme conteuse avec ces élèves qu'évoque l'enseignante dans sa lettre, ces enfants qui ne disposent guère que d'une centaine de mots pour s'exprimer, grossièretés inclues, je sais l'importance de l'exemplarité.
Il est très regrettable que nos politiques, uniquement préoccupés de leur carrière et donc de leur image, l'oublient.
.
Objet: « Bruits de chiottes », expression lâchée par une ministre de l'éducation aux journalistes. 
 
         « Madame la ministre,

 Mes élèves à moi apprennent à dire "wesh", "nique", "encule", "salope" dès le primaire.

Mes élèves à moi grandissent très souvent dans des familles où les parents ne parlent pas français, et où le summum de la réussite consiste à passer manager chez KFC.

Mes élèves à moi n'écoutent pas Boris Vian et Desproges, ignorent l'existence de Bach et Mahler. Mes élèves à moi n'ont droit qu'à Booba, La Fouine, Orelsan et Gradur. 

Mes élèves à moi doivent passer dix minutes sur chaque vers de Du Bellay pour espérer comprendre quelque chose. Parce que leur référentiel principal, c'est Nabila et Touche pas à mon poste.

Mes élèves à moi poussent dans un environnement où les filles doivent dès la 6eme s'habiller et se comporter en bonhommes, ou se voiler, si elles veulent avoir la paix. Mes élèves à moi découvrent le porno bien avant d'avoir la chance de rencontrer Balzac. » 

 Nos élèves, madame la ministre, comprennent que s'ils veulent s'en sortir, accéder aux postes que leurs talents et un travail acharné leur feraient mériter, ils doivent d'abord se défaire de leur codes vestimentaires et langagiers, découvrir les pronoms relatifs, atteindre le pluriel et le passé simple, se reposer sur le subjonctif. Ils savent, croyez-moi, madame, que si je m'escrime à leur faire répéter dix fois une phrase avec la bonne syntaxe et le ton juste, c'est parce que je refuse que nos lâchetés et nos faiblesses fassent d'eux ce que la société imagine et entretient : des racailles, des jeunes privés d'avenir car privés d'exigences, de langue, de style, de beauté, de sens, enfin.

Nous luttons quotidiennement au milieu de nos gosses de REP et REP+ contre les "salope !", "sale chien !", "tu m'fous les seum !". Nous luttons pour leur donner une noble vision d'eux-mêmes quand tout pousse au contraire à faire d'eux des êtres hagards, décérébrés, violents. Nous tentons de leur transmettre le Verbe, dans un monde qui ne leur offre qu'Hanouna et Ribéry. Nous ne passons pas nos journées à jouer les thuriféraires de la pensée unique, rue de Grenelle, nous. Nous ne nous faisons pas de courbettes entre deux numéros de cirque à l'Assemblée Nationale. Nous avons les pieds dans la boue, une boue qui nous donne quelquefois la nausée, tant nous sommes seuls, et isolés, et décriés, tant notre tâche paraît ridicule et vaine. 

Quand donc, à la radio, madame la ministre, vous lâchez votre "bruit de chiottes", en bonne petite bourge qui ne voudrait pas avoir trop l'air d'être loin du petit peuple, qui ne voudrait surtout pas faire le jeu de cet abominable élitisme dont tout le monde sait que notre société crève, n'est-ce pas, quand donc vous vous soulagez verbalement, ce n'est pas tant votre fonction que vous abîmez : c'est notre travail auprès des élèves, nos mois d'épuisement et leur espoir, nos années de travail et leurs efforts, nos séances passées à essayer de leur dire que ce n'est pas parce que ce monde-ci est laid qu'il faut lui ressembler.

Vous avez réussi, en quelques mois, à démontrer avec éclat votre conformisme, votre arrogance, votre paresse intellectuelle. Nous n'ignorions rien de tout cela. Désormais, nous savons que vous êtes aussi vulgaire. On ne vous mettra pas de 0/20, puisque vous avez aussi décidé que l'évaluation, c'était mal, péché, Sheitan, vilainpasbeau. Vous aurez simplement gagné le mépris absolu de milliers d'enseignants qui bien souvent, eux aussi, quand ils sont un peu à bout, aimeraient en lâcher une bonne grosse bien vulgaire, en classe, mais se retiennent, par souci d'exemplarité. »

 

Je crois que l'on ne saurait mieux dire... n'hésitez pas à faire suivre cette lettre. 

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10 mars 2016

Pour finir - petit poème de Géo Norge

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Pour finir

 

 Le savez-vous, chez ce peuple d’oiseaux,

La mode fut qu’on se coupât les ailes ;

Pourquoi de l’aile, on ne volait plus guère,

On mangeait trop et l’on marchait si peu

Que pour finir on se coupa les pattes.

Quant à chanter, le fait devint si rare

Que pour finir, on se coupa la gorge.

  

NORGE in  Bal masqué parmi les comètes

 

Commentaire entendu d'une femme poète :

Et pour cacher la plaie, on s'fit pousser la barbe,

Les sourcils sur les yeux, les poils dans les oreilles.

 

Les artistes, comme d'ailleurs les scientifiques, sont souvent facétieux. C'est l'un de leurs charmes. Quand je suis fatiguée à vomir de "l'humour" (c'est ainsi qu'ils nomment la dérision) raccoleur et blessant de nos politiques et décideurs économiques, je retourne vers l'humour vrai des poètes, conteurs, artistes de toutes disciplines, et des scientifiques.  Il se cache tant de vérités, tant d'humanité sous leur légèreté apparente !

 

 

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15 février 2016

Circule, virgule, ou je t'apostrophe !

Un jeune instituteur débarque dans le village. Le maire, voulant voir de quel bois est fait ce citadin, décide d'assister à une leçon.

Celle-ci porte sur l'importance de la virgule.

Au bout d'une demi-heure, la leçon prend fin et les enfants sortent pour la récréation.

Le maire trouve que, une demi-heure, c'est consacrer beaucoup trop de temps à la petite virgule ! Il y a des sujets bien plus importants à traiter !

    -    Pas importante, la virgule ? Vous croyez ? répond l'instituteur.

Il va au tableau et écrit :

Le maire dit l'instituteur est un imbécile.

    -    Maintenant, avec la ponctuation, d'abord deux points, puis avec virgules, ce qui donne :

Avec deux points :

Le maire dit : l'instituteur est un imbécile.

Avec virgules :

Le maire, dit l'instituteur, est un imbécile.

    -    Alors, sans importance, la virgule ?

 

Petites causes, grands effets. Le diable se cache dans les détails.

Les rédacteurs de lois, contrats et règlements divers le savent très bien.

  

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25 janvier 2016

LE LOUP PENDU, d'après Jean-François Bladé - Contes populaires de Gascogne

Un jour, un homme traversait un bois. Il trouva un loup pendu par le pied au haut d'un chêne.  

   – Homme, dit le loup, tire-moi d'ici [...] ! J'étais monté sur ce chêne pour y prendre un nid de pie. En descendant, j'ai pris mon pied dans une branche fendue. Je suis perdu, si tu n'as pas pitié de moi.

   – Je te tirerais de là avec plaisir, répondit l'homme ; mais j'ai peur que tu me manges quand tu seras dépendu.

   – Homme, je te jure de ne faire aucun mal, ni à toi, ni aux tiens, ni à tes bêtes.

L'homme dépendit le loup. Mais à peine celui-ci fut-il à terre qu'il commença à le regarder de travers

   – Homme, je suis affamé. J'ai grande envie de te manger !

   – Loup, tu sais ce que tu as juré !

   – Je le sais ; mais à présent, je suis dépendu, je ne veux pas mourir de faim !

   – On a bien raison de dire, Loup : "de bien faire le mal arrive !" Si tu veux, nous allons consulter sur notre cas cette chienne qui vient vers nous.

   – Je veux bien, Homme.

   - Chienne, le loup était pendu par le pied au haut du chêne. II y serait mort si je ne l'avait dépendu. A présent, pour ma peine, il veut me manger. Cela est-il juste ?

  — Homme, je ne suis pas en état de vous juger. J'ai bien servi mon maître jusqu'à présent. Mais quand il m'a vue vieille, il m'a jetée dehors pour n'avoir plus à me nourrir et m'a chassée dans le bois. On a bien raison de dire : "De bien faire, le mal arrive".     — Alors, Loup, dit l'homme, nous allons consulter, sur notre cas , cette vieille jument.

  — Je veux bien, Homme.

  — Jument, le loup était pendu par le pied au haut d'un chêne. Il y serait mort si je ne l'avais dépendu. Maintenant, pour ma peine, il veut me manger. Est-ce juste ?

  — Homme, je ne suis pas en état de vous juger. J'ai bien servi mon maître jusqu'à présent. Mais quand il m'a vue vieille, il m'a jetée dehors pour n'avoir plus à me nourrir et m'a chassée dans le bois. On a bien raison de dire : "De bien faire, le mal arrive."     — Alors, loup, dit l'homme, nous allons consulter le renard sur notre cas.

  — Je veux bien, Homme.

  — Renard, dit l'homme, le loup était pendu par le pied au haut du chêne. Il y serait mort si je ne l'avais dépendu. Maintenant, pour ma peine, il veut me manger. Cela est-il juste ?

  — Homme, dit le renard, je ne suis pas en état de vous juger avant d'avoir vu l'endroit.

lls partirent tous trois et arrivèrent au pied du chêne.

  — Comment étais-tu pendu, Loup ? demanda le renard.

  — Le loup monta sur le chêne et se remet comme il était avant d'être dépendu par l'homme.

  — J'étais ainsi pendu, Renard.

  — Eh bien, Loup, demeure-le.

Le Renard et l'homme s'en allèrent. Quand il fallut se séparer, l'homme remercia le renard, et lui promit de lui porter, pour ses peines, le lendemain matin, une paire de poules grasses.

En effet, le lendemain matin, l'homme arriva portant un sac.

    - Voici les poules, renard.

Aussitôt il ouvrit le sac d'où sortirent deux chiens qui étranglèrent le pauvre renard.

On a bien raison de dire : "De bien faire, le mal arrive".

 

Henri Bergson disait : "N'écoutez pas ce qu'ils disent, regardez ce qu'ils font."

Cette citation fut plusieurs fois reprises par Vladimir Jankelevitch, et même par Albert Einstein qui avait coutume de dire :

"Si vous voulez savoir comment fonctionnent les scientifiques, n'écoutez pas ce qu'ils disent. Regardez ce qu'ils font."

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